Une biographie de / A Biography of   PAUL-ÉMILE SÉGUIN                                                SYLMAR AUTO VILLE
par / by: Sylmar Auto Ville    with / avec Jean-Guy Séguin (2003)

FRANÇAIS

Originaire de l’île du Chenail à Hawkesbury, Paul Émile Séguin est né le 13 août 1913, le 13e enfant d’Antoine Séguin et de Maria Clermont. Tout comme son père et plusieurs autres membres de sa famille, il travailla au moulin à scie situé sur l’île où se trouve aujourd’hui le parc de la Confédération.

Il a fréquenté l’académie St-Joseph, sous la direction des frères des écoles chrétiennes, située alors rue William.

Dans sa jeunesse, on semblait vouloir le diriger vers le sacerdoce. Il était très actif auprès de la communauté paroissiale de St-Alphonse. Afin de divertir les gens qui attendaient leur tour pour utiliser les douches publiques, le Chanoîne Roméo Guindon lui avait proposé de projeter des films trouvés dans le sous-sol de l’église. «On a pris une lentille de train, une ampoule puissante et on déroulait manuellement le film entre les deux.» commente Paul Émile. Le coût du billet : une épingle.

On l’envoya ensuite faire un stage comme bedeau dans la paroisse de Marionville. Mais Paul Émile est revenu à Hawkesbury, n’ayant pas beaucoup d’affinité pour cette vocation. Il poursuit alors sa passion : les voitures.

«T’es fou Paul! Tu vas te tuer!», lui dit sa mère lorsqu’il se mit à construire une voiture avec du bois qu’il s’était procuré au moulin. Plus tard, il s’intéressa aux véhicules à assembler, qui se vendaient pour la somme de 100 $ à l’époque. Plusieurs lui demanderont plus tard d’assembler ces «kits» pour eux.

Lors de la construction du Pont Perley en 1929, Paul Émile avait été embauché (avec sa chaloupe) pour ramener au rivage les travailleurs qui avaient eu la malchance de tomber à l’eau. Fait inusité, il ne savait pas nager, et les ceintures de sauvetage n’existaient pas.

La première voiture que Paul Émile s’est acheté était une Whippet, 4 portes, 1929. Son oncle Omer a pris son camion, et il s’est rendu avec lui à Montréal afin qu’il se procure ce véhicule.

Lors de la deuxième guerre mondiale, Paul Émile répond à l’appel du gouvernement canadien dans le cadre de la conscription. Un problème de santé met fin à cet espoir. Il reste donc en sol canadien, et il fait du taxi en 1940.

Suite à cet événement, il a rencontré celle qui allait devenir son épouse, Thérèse D’Aoust, au printemps 1940. Ils joindront leurs destinés en novembre de cette même année et trois enfants (Marie, Jean-Guy & Yves) naîtront de cette union.

Son entrée dans le domaine de l’automobile commence au garage de Hawkesbury de la famille Laniel, rue Principale (là où est la banque Nouvelle-Écosse aujourd’hui). À cet endroit, Paul Émile fait ses débuts comme mécanicien. Il continue son expérience cette fois chez Perley Auto Sales (Lomer Carrière propriétaire) qui était dépositaire des produits Ford & Mercury. Cette entreprise se trouvait rue John (où se trouve l'ancien poste d’essence Ultramar et le Comptoir Populaire).

En plus de son emploi régulier, il conduit le camion remorque du garage, et le ministère des transports lui confie le rôle de faire passer l’examen de conduite pour l’obtention d’un permis de conduire de chauffeur ou d’opérateur. «Ça coûtait 1$ pour faire le test. C’était le salaire que la province me donnait.» Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui ont subi leur test routier d’opérateur ou de chauffeur sous sa compétence.

Au début des années 1950, Paul Émile devient vendeur chez Laniel Autos Inc., dépositaire des produits Pontiac & Buick. Ce fut de courte durée puisque quelques temps plus tard, il joint l’équipe John Wilson Chevrolet-Oldsmobile (là où se trouve maintenant Le Studio de lettrage 2001 et Auto Occasion). Il y poursuivit une carrière fructueuse jusqu’en octobre 1971. N’ayant pas peur des déplacements, il se rendait souvent partout dans la région des deux côtés de la rivière des Outaouais pour rencontrer ses clientes et clients. Voici quelques-uns de ses excellents souvenirs : «M. Wilson était comme un frère pour moi. Sans avoir d’investissement monétaire dans son garage, il me considérait comme un associé. J’avais donc souvent l’occasion de représenter le garage aux événements de Chevrolet & Oldsmobile. Les lancements de GM étaient grandioses. J’ai assisté à plusieurs de ces événements à Montréal et à Toronto. GM avait un très bon programme de récompenses pour les vendeurs élites. J’ai vraiment apprécié cette époque de ma carrière.» Il travaillera pour Jacques Wilson jusqu’à ce que ce dernier vende son commerce à M. Jules Bélisle d’Ottawa (même famille que Bélisle Automobiles, chemin Montréal, Ottawa). Son séjour fut de courte durée avec ce dernier, alors que Jeff Arnold lui fait une offre qu’il ne peut refuser pour joindre son équipe en octobre 1971.

À cette époque, Arnold était distributeur des produits Ford-Mercury-Lincoln à Grenville (là où se trouve Le Relais chasse et pêche aujourd’hui). Paul Émile a connu beaucoup de succès chez ce concessionnaire. Il se souvient d’avoir vendu 11 véhicules dans un même après-midi de printemps! Il mentionne : «La plupart des employés étaient en conférence avec les représentants de Ford dans un restaurant du coin. Ils ont été très surpris de voir 11 vignettes de plus près de mon nom à leur retour.»

Toutes ces années d’effort et de succès aboutirent à une retraite forcée pour des raisons de santé en juillet 1977. Tout au long de sa carrière, Paul Émile a toujours démontré un esprit pratique et logique pour résoudre les problèmes qui survenaient. Cet esprit n’allait pas mourir avec sa retraite.

Il était habile pour réaliser des projets de bois. C’était pour lui une façon de canaliser ses énergies.

Depuis quelques années, Paul Émile est résident d’une maison pour personnes à la retraite. En 1999, après 58 ans de vie commune, Thérèse s’envola pour d’autres cieux. La maladie de l'Alzheimer l'emportera à son tour en 2003.  Voilà l’histoire simple d’un individu qui a vraiment aimé ses proches, sa ville, ses clientes et clients et le quotidien d’une communauté qui lui a aussi bien rendu cet estime qu’il méritait.

 



Académie St-Joseph
circa 1927


À divers moments dans sa vie adulte, Paul Émile s'est adonné au violon et au banjo. / At various moments in his adult life, Paul played the violin and the banjo.

  
Photo promotionnelle pour un Whippet 1929 / Promotional picture for a 1929 Whippet


Thérèse & Paul Émile (1940)


Paul Émile et sa fille Marie à l'époque où il faisait du taxi. /  Paul Émile and his daughter Marie in the era when he was in the taxi business.
(1942)


Paul Émile a toujours été soucieux de son image. /  Paul Émile has always took special care of his appearance.


Vendu! / Sold!  (1972)


Yves, Marie, Thérèse, Paul Émile & Jean-Guy
(nov. 1980)


Thérèse & Paul Émile (1990)

ENGLISH

Born on the Chenail Island in Hawkesbury on August 13, 1913, Paul Émile Séguin was the 13th child of Antoine Séguin and Maria Clermont. Like many area families, he would later follow his father and other members of his familly, working at the island's saw mill where the Confederation Park is now located.

Paul Émile studied at l'académie St-Joseph, then erected on William Street, under the guidance of the Christian Schools' Brothers.

When he was a youngster, his familly seemed to encourage him to go into the priesthood.  Meanwhile, he was very involved in his St- Alphonse parish community.  In order to entertain those waiting in line for the local public bath house, St-Alphonse's head priest, Chanoîne Roméo Guindon had proposed to him to project bits of film found in the church's basement.  "We took a lens taken from a train's headlight, a powerful light bulb, and we would slide the film manually between the two" comments Paul Émile.  The price of admission: a needle.

He was later sent to work as a church handyman in the Marionville parish.  But Paul Émile soon came back to Hawkesbury without an acquired taste for a religious vocation.  He then turned to his passion: automobiles.

"You're crazy Paul!  You'll kill yourself!" would say his mother when he constructed a car with wood he got through the saw mill.   Later, he got interested in "assemble yourself" vehicules, purchassing one for $100.  Many would later ask him to assemble similar kits after seeing his.

During the construction of the Perley Bridge in 1929, Paul Émile got an odd job.  Since he had a row-boat, he got to pick up fallen construction workers to bring them back to the shore.  The funny thing about that was that he couldn't swim and there were no life preservation jackets.

The first factory-built car bought by Paul Émile was a four door 1929 Whippet.  His uncle Omer had given him a ride in his truck to Montreal so he could purchase this vehicle.

During the Second World War,  Paul Émile would be called upon to serve his country through the Canadian government's draft.  A health condition would quickly end this venture.  He would consequently stay on Canadian soil and start driving a taxi in 1940.

Through his work as a taxi driver, he would meet his soon to be wife, Thérèse D'Aoust, in the spring of 1940.  They've joined in holy matrimony in November of that same year.  This couple would see the birth of three kids, Marie, Jean-Guy and Yves.

He first got into the automobile business working for the Laniel Family's Hawkesbury garage.  It was located on Main Street, now the site of Hawkesbury's Bank of Nova Scotia.  Paul Émile worked as a mechanic. He later persued his new trade at Perley Auto Sales, owned at that time by Lomer Carrière. This was also a Ford and Mercury dealer.  Carrière's garage was located on John Street where one can now find a second-hand store and until recently, an Ultramar gas bar.

Beside his regular work, he also drove the garage's towing.  Futhermore, the Ministry of Transportation had given him the role of road examiner for candidates who wanted to obtain a chauffeur or an operator driving licence.  "It would cost them $1 for the test.  And that was the salary given to me by the province."  Many area residents got their driver's licence once they passed the test with Paul Émile.

In the early 1950's, he bacame a salesman for Laniel Autos Inc., a Pontiac and Buick dealership.  His relationship with Laniel would be a short one as he would soon join the sales team of John Wilson's Chevrolet Oldsmobile, where one can now find Le Studio de lettrage 2001 and Auto Occasion.   He persued quite a successful career at Wilson's until his departure in October 1971.   During his long stint at that dealership, he would often hit the road to sell vehicules as he visited many of his clients from both sides of the Ottawa River.   Here are a few of his best memories as an employee of that dealership:   "Mr. Wilson was like a brother to me.  Although I didn't have any financial investment in the business, he considered me as an associate.  I therefore represented our dealership at many Chevrolet and Oldsmobile conventions.  The new GM models' launches were so big.  I often attended those in Montreal and Toronto.   GM had a very good reward program for the elite salesmen.  I really appreciated that era of my career."  He worked for John Wilson until the business was sold to Mr. Jules Bélisle of Ottawa (same familly that owns Bélisle Automobiles, Montreal Road, Ottawa).  His tenure was a short one under the Bélisle administration.  A friend of a friend, Jeff Arnold, would make him an offer he couldn't refuse.  Paul Émile joined his team in October 1971.

At that time, Arnold was the Ford-Mercury-Lincoln dealer at the foot of the Perley Bridge in Grenville.  One can now find Le Relais chasse et pêche at that location now.  Paul Émile would see more glory days working for Jeff Arnold.  He remerbered selling 11 vehicules during ONE spring afternoon.  "Most of the other employees had gone to a meeting with Ford representatives at an area restaurant.  I had stayed behind at the dealership.   They were very suprised to see the addition of 11 stickers beside my name on the sales board when they came back."

All those years of hard labour and success would lead to a forced retirement in July 1977 due to health reasons.   Thoughout his career,  Paul Émile has always demonstrated practicality and logic to solve the problems that faced him.  And that side of him was not laid to rest with retirement.

He was very good at wood work.   He used small projects as a way to focus some of his energy and express his creativity.

For the last few years, Paul Émile has been a resident of a local retirement home.  In 1999, after 58 years of mariage, his wife Thérèse passed away.  Alzheimer's disease would take his life in 2003.   This is the story of a simple man who really loved his close ones, his city, his clients and the day-to-day life of a community that has given to him to reckoning he deserved.


Originalement publié en 2003. Pour reproduire des extraits communiquez avec Sylmar Auto Ville au (613) 632-6363 ou par courriel.

Originally published in 2003. For permission to reproduce some extracts, call Sylmar Auto Ville at (613) 632-6363 ou e-mail them.